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Historique

Le monastère

Par ANNA BURBALLA-DELGADO, publié le samedi 13 mars 2010 09:23 - Mis à jour le mardi 22 mars 2016 12:51

Source : Madeleine et Françoise Besson, Il était une fois Saint-Serninune place un lycée  : AELS, 1983, page 41-45 

Des Dames Bénédictines de Toulouse

1817-1904

Du profane nous retournons au religieux, d'un nom qui sonne comme le symbole de la rouerie du XVIIIe siècle à celui d'un ordre qui est associé à la recherche patiente et à la vie spirituelle. La propriété de Jean du Barry devient monastère des dames bénédictines de Toulouse.

Chapelle des Bénédictines en 1971, dessin original à la plume d'André Millet, in Il était une fois Saint-Sernin, une place un lycée, page 44.

Leur ordre, fondé par Catherine de Barr en 1639, suivait la règle de Fontrévault. L'adoration du Saint-Sacrement devait s'exercer jour et nuit, et même pendant la Révolution, elle ne cessa jamais. Leur premier monastère fut fondé en 1652


"Catherine de Barr, Fondatrice de l'ordre des Bénédictines en 1639", Archive des Bénédictines de Mas-Grenier,  in Il était une fois Saint-Sernin, une place un lycée, page 43

Une ancienne religieuse feuillantine, madame Antoinette Deschamps, se propose d'ouvrir en 1817, avec une vingtaine de religieuses, un pensionnat pour jeunes demoiselles et une école gratuite pour jeunes filles pauvres.
Les locaux étaient vastes et convenables; le conseil municipal, par une délibération en date du 14 juillet 1817 donna son entière approbation à l'œuvre des Bénédictines. Le préfet, par un arrêté en date du 9 septembre autorisa son institution.

Cependant pour des religieuses à la fois moniales et enseignantes la situation était difficile. Monseigneur d'Astros, archevêque de Toulouse, demanda à Louise de Bourbon Condé, prieure du monastère du temple à Paris, d'envoyer un groupe de religieuses parmi lesquelles Mère du Saint-Cœur-de-Marie-Château entreprit une organisation nouvelle qui porta rapidement ses fruits.

Voici le récit des Bénédictines de Mas-Grenier d'après les extraits de leurs archives qu'elles ont bien voulu nous communiquer.

  • 2 JUILLET 1817  : "L'an 1817 et le 2 juillet, Madame Antoinette Denise Deschamps, religieuse, acheté pour le prix et somme de cinquante mille francs le ci-devant hôtel dubarri (du Barry) place Saint Raymond, pour y former une communauté de religieuses Bénédictines. La maison appartenait à Monsieur Fonfroide. Elle a été vendue par autorité de justice. "

  • 12 septembre 1817 : (La prise de possession a eu lieu le 12 septembre).

  • 17 mars 1818  : "L'an 1818 est le 17e du mois de mars, Monsieur l'abbé de Cambon, premier vicaire général, le siège vacant, invité par la vénérable Mère Sophie Deschamps, supérieure des dames Bénédictines, s'est rendu au dit couvent vers les neuf heures du matin pour procéder à la bénédiction solennelle de l'église du monastère... " ( Elle fut construite peu de temps après l'entrée à l'hôtel du Barry. Où ? Peut-on penser que l'extrémité gauche de la façade qui est d'un autre style serait la façade du chœur de cette première église ou chapelle ?)

  • 30 juillet 1850 : Bénédiction et pose de la première pierre du nouveau monastère.

  • 30 mars 1855 : Bénédiction et pose de la première pierre de la chapelle extérieure. Celle-ci n'est pas construite sur l'emplacement de l'ancienne. La procession par de l'ancienne et y revient après la cérémonie.

  • 21 mai 1856 : Consécration de la chapelle et de l'autel. Veille de la fête du Saint-Sacrement

  • 12 décembre 1869 : Mort de Mère Saint-Placide, la révérende Mère Prieure qui a succédé à Mère du Saint-Cœur-du-Marie-Château.

En ce qui concerne les bâtiments, chacun reconnait la qualité des peintures du plafond qui datent des splendides travaux commandés par Jean du Barry. L'identité du peintre est moins sûre. Selon la tradition, "Boucher, peintre célèbre au temps de Louis XV, a peint les murs et le plafond de l'hôtel du Barry". D'après Monsieur Mesplé, ancien conservateur du musée des Augustins, ce serait Derôme qui aurait exécuté ces peintures, puisque Boucher n'est jamais venu à Toulouse.

L'hôtel du Barry n'en est pas moins affecté aux  élèves à partir de 1850. La communauté se retira dans le nouveau bâtiment. En 1890-1891, à la place des vieilles maisons de la rue de la Chaîne, on construisit un réfectoire, une cuisine, une buanderie, séchoir, etc. et au premier étage : les appartements du noviciat et une vingtaine de cellules.

"Plan du couvent des Bénédictines", Archives municipales de Toulouse, Photo A.M.P., in Il était une fois Saint-Sernin, une place un lycée, page 41

Ce sera la dernière construction avant l'expulsion de 1904.

Aujourd'hui le monastère correspond au gymnase du lycée Saint Sernin.

 

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