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Historique

Un emplacement reflet de l'histoire

Par admin saint-sernin, publié le mardi 10 novembre 2015 17:49 - Mis à jour le mardi 22 mars 2016 12:27

UN EMPLACEMENT REFLET DE L'HISTOIRE

Source : Madeleine et Françoise Besson, Il était une fois Saint-Sernin, une place un lycée  : AELS, 1983, page 111 

 

L'évolution de cet emplacement fait de lui le reflet de l'histoire du pays et de la vie de la ville.

    Lorsque le regard du passant se porte aujourd'hui sur ce lycée, sur cet hôtel dont la simplicité est éclipsée par les nobles hôtels toulousains qui parsèment la ville, comment peut-il imaginer qu'il porte en sa mémoire une suite de souvenirs, scènes d'une pièce dont le titre pourrait être " L'Histoire" .

    En regardant aujourd'hui la plaque qui porte le nom du Lycée Saint-Sernin, on pourrait oublier que ces murs ont eu un jour un autre nom : Hôtel Du Barry. Plus que l'indication de la simple possession, ce nom est à lui seul le résumé d'un siècle, Du Barry le Roué, qui fit d'une fille du peuple l'une des femmes les plus célèbres de son temps. Et l'écho de ce nom résonne derrière ce clavecin dont les touches dansent en imaginant que ces robes à panier virevoltent en l'entendant. Madame du Barry passe près de lui. Sa vie est liée à celle du roi et donc à celle de son pays. Son existence résume le libertinage d'une époque, l'insouciance d'un monarque, elle s'achève au son de la Carmagnole et du tambour, et la touche noire du clavecin se bloque  sur la dernière note d'un menuet en voyant des fils rouges se dessiner sur les cous au nom de la liberté. La vie de cette femme qui aurait pu rester inconnue a été tracée par le nom qui l'a rendue célèbre, qui rappelle à la fois la monarchie et la Révolution. Favorite du roi, elle était ainsi au centre de l'histoire et pourtant ce n'est peut-être là l'élément essentiel que gardent en leur mémoire les murs de l'hôtel.

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    Le souvenir des méfaits ou des tragédies de la monarchie n'est pas seul présent sur la place Saint-Sernin. Quand une basilique en forme de croix latine est au centre de cette place, que ce lieu rappelle le martyre d'un évêque et d'un saint, comment ne pas penser que le premier reflet aperçu sur les vitres des fenêtres de l'hôtel est celui de la vie religieuse ?

   La tragédie de la foi ou la simple vie quotidienne de la religion se côtoient en ces lieux. La procession éclatante des chevaliers partant en croisade ne peut y faire oublier les tortures infligées aux cathares.

    Tragédie de l'intolérance religieuse ou du désir de pouvoir, c'est tout cela qu'à vu la terre de cette place. Mais la foi ne lui laisse pas seulement cette triste impression et Saint-Sernin, étape des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle rappelle que la foi peut aussi être pacifique.

    Histoire d'un être ou histoire d'un pays, c'est le grand défilé du temps qui se reflète sur les murs du lycée ou sur le goudron de la place et c'est aussi l'histoire de la vie d'une ville qui passe dans les murs de Saint-Sernin.

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